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05 juin 2015

Psychanalyse: Le syndrome Face-book (1924)

 

Freud (Sigmund),Psychanalyse,Syndrome,Facebook,Internet,Virus,Autisme,Communication,SolitudeEn 1924, le psychanalyste Hermann Ditterbach avait observé l'un de ses patients pendant plusieurs mois, dans son cabinet londonien. Il s'agissait d'un intellectuel curieux de tout, brillant, volubile. Le point le plus intéressant de sa personnalité était une exceptionnelle propension à la logorrhée, pleine de références littéraires, artistiques, philosophiques, à un rythme que l'on ne pouvait suivre. Ce patient débitait à une telle vitesse que l'on n'avait même pas le temps d'approuver ou de sourire à ses bon mots, à ses idées fulgurantes, qu'il était déjà passé à des dizaines d'autres, tout ce qui ne pouvait que susciter l'admiration, ou pour le moins un vif intérêt, mais jamais l'échange réel, l'échange apaisé, le temps de la réflexion collective. La fuite dans les idées, avec essoufflement du public, remplaçait les modes archaïques de communication. Ce syndrome fut qualifié de "syndrome de Face-book". La propension à livrer des pensées, des connaissances, comme un livre. Avec générosité, mais dans un autisme complet. Un livre ne vous entend pas, alors qu'un visage semble pourtant manifester l'écoute. Ce que Ditterbach ignorait, c'est que son patient était atteint d'un virus. Un virus qui resterait dormant quatre-vingt ans durant, avant de se réveiller avec virulence, pour affecter des millions d'humains à travers le monde, en des lieux d'échange électronique, ce que le vulgus nommerait "les réseaux sociaux". Et tous ces malades seraient de potentiels Forrest Gump courant sur la route 66, suivis par des hordes d'admirateurs dont la présence n'affecterait jamais leur cortex frontal. Le syndrome Facebook allait envahir le monde des idées.


Pendant que Daech envahissait le monde réel devenu totalement autiste.

20 novembre 2014

Facebook et le rêve terrifiant (genre Marc-Aurèle)

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Facebook est un long réseau tranquille où le temps fait lentement décliner le nombre des amis, virtuels, certes, mais souvent bienveillants.

Parfois, un post trop hardi, un commentaire trop hasardeux, une photo trop hardeuse, et, hop, un ou deux amis de moins.

Et puis, il y a très peu, un geste brusque, une vanne philosophico-fatiguée, et 25 amis ont brutalement disparu de la liste éponyme.

Tout cela par la faute collective de Joaquin Phoenix, de l'Empereur Commode et du regretté Marc-Aurèle.

"C'est un rêve terrifiant, la vie" susurre l'usurpateur,au tournant d'une scène clé.

"La vie est un rêve terrifiant" poste sur son mur l'auteur des présents lieux.

Et hop, une simple phrase antique a terrifié quelques amis peu stoïques.

Difficile de savoir qui a eu peur, puisque le réseau ne dénonce jamais les lâcheurs...

Vita Terrificus est somnium

Ou pas

28 janvier 2014

François CAVANNA (portrait)

Un humaniste insoumis, provocateur et bienveillant. Un grand bonhomme.

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05 avril 2013

Aliaa Magda Elmahdy, par Kzerphii

Aliaa Magda Elmahdy

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26 octobre 2012

Godwin Point

Stupid Godwin Point...

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03 août 2012

La Loi de Godwin, sommet de la niaiserie.

"Point Godwin", they say like Pavlov's dogs...

Godwin (Loi de),Hitler,Nazisme,Histoire,Internet

18 février 2008

Un certain magistrat aixois...

479f61eb74f3f6756a30683ae2c720b1.jpgEn 1495, vint au Monde Jean MAYNIER, fils d'un haut magistrat provincial, Accurse MAYNIER.

Ce dernier avait été ambassadeur à Venise, avait approché le Pape et tout le personnel ecclésiastique franco-italien. Il fut également Président à Aix. Pour son malheur, lors d'un conflit politique qui suivit le rattachement de la Provence à la France, il prit parti pour le mauvais camp et fut rétrogradé comme troisième vice-président au Parlement de Toulouse, à la suite de sombre manoeuvres de "concurrents".

Il faut dire qu'à cette époque les magistrats étaient carriéristes et n'hésitaient pas à abuser de leur influence ou de leur pouvoir (ou des deux) pour démolir un "collègue". C'était même, avant les calissons, une spécialité aixoise.

Lorsque Jean MAYNIER entreprit la carrière de magistrat, il n'oublia pas la leçon. Il fut très vite conseiller puis président et enfin Premier-Président au Parlement d'Aix. Il était en même temps prévôt à Cavaillon où il vivait grassement. A force de se bâtir un réseau de relations très solides, il fut annobli par le Pape et prit le titre de baron d'Oppède. A partir de là, il rêva de puissance et de fortune. Il se fit bien voir du Connétable Anne de Montmorency et tissa des liens entre la Cour du Roi et son personnel judiciaire de manière fort complexe.

Deux de ses gendres devinrent conseillers dans son parlement.

Il se trouve qu'à la fin des années 1530, il avait en tête d'alléger une noble du Luberon d'une partie de ses biens. Certains contemporains dirent qu'il en voulait à cette jeune veuve depuis qu'elle avait repoussé ses insistantes avances.

Les terres d'icelle étaient alors occupées (et labourées) par les Vaudois. Or ceux-ci étaient assez mal vus de l'Eglise, au moment même où Luther posait problème. On les assimilait alors aux proto-réformés...

Notre bon Jean MAYNIER-D'OPPEDE oeuvra pendant quatre ou cinq ans pour obtenir du roi François Ier des Lettres Patentes contre quelques Vaudois que son Parlement avait condamnés.

Il y parvint enfin en 1545 alors que Montmorency avait été écarté des affaires au profit du Cardinal de Tournon, et alors que ledit roi était bien malade et fortement influençable.

Le petit huissier Courtin qui avait arpenté les couloirs du Palais de Fontainebleau pour obtenir la signature des lettres patentes, revint dès sa mission accomplie, au triple galop vers Aix.

Maynier avait pendant ce temps rassemblé des troupes de mercenaires fort bien armées. Et en avril 1545, tout juste 400 ans avant la fin d'un cauchemar de plus terrible ampleur, Maynier envoya ses troupes sur les villages du Luberon (dont Mérindol) où vivaient les Vaudois.

Les lettres du roi autorisaient Maynier à "exécuter" (c'est à dire à arrêter) une dizaine de Vaudois. Or ce furent 3000 pauvres gens qui furent torturés et massacrés avec une cruauté que l'on n'avait plus vue en Provence depuis des siècles.

Pendant que les troupes attaquaient depuis Cavaillon, quelques groupes armés aux ordres du Premier Président prenaient les fuyards à revers et leur confisquaient leur troupeaux et leur biens. A la tête d'un de ces groupes, se trouvait Valéry Rey Passaire, apothicaire ambitieux de Simiane-la-Rotonde, et fils par ailleurs du juge de Forcalquier, Antoine (ou Elzéard) Passaire.

A l'issue de ce massacre, les survivant se réinstallèrent plus ou moins bien et récupérèrent ce qu'ils purent.

Mais PERSONNE n'osa, pendant plusieurs années élever la voix ou déposer un plainte à l'encontre du Premier Président. Même les conseillers du Parlement qui avaient manifesté leur opposition au massacre craignaient par dessus tout ce personnage puissant et protégé.

Ce fut finalement un pauvre paysan qui eut tout seul le courage de porter une plainte auprès du Parlement de Paris. Une enquête fut lancée depuis la capitale. Il faut dire que le grand Montmorency avait repris les rênes et voulait remettre en cause la gestion du Cardinal de Tournon.

L'excellent magistrat parisien Aubery requit avec sévérité contre Maynier, mais aussi contre Guérin, procureur du Roi à Aix, et leurs sbires divers (ses réquisitions sont publiées chez Edisud, avec les commentaires de G. Audisio).

Maynier passa de longs mois en détention au Fort de Vincennes.

Vint le procès. On vit alors intervenir en faveur de Maynier tout un ensemble de puissants européens, et surtout le Pape en personne.

Les historiens en ont déduit que Maynier avait rendu de grands services autour de lui, ne serait-ce qu'en faisant disparaitre 3000 hérétiques...

Et comme toujours dans ce genre de procès où de "grands" messieurs sont coaccusés, chacun se renvoya la balle. La pauvre Guérin, dont les historiens s'accorde pour dire qu'il n'eut qu'un rôle secondaire en comparaison de Maynier, fut écrasé lors du procès, à l'encontre même des réquisitions. Maynier eut une peine de principe et quelques intérêts à verser aux rares victimes constituées. Par contre Guérin, le Procureur, fut condamné à mort et exécuté.

Maynier ne fut même pas privé de sa charge de Premier Président et repris tranquillement le cours de sa vie riche en épices et attentions.

Son réseau de relation avait fonctionné à merveille.

Il mourut en 1558, à l'âge de 63 ans d'un vulgaire problème de vessie.

Il légua son nom et ses titres à ses petits-fils rattachés à la lignée des Forbins.

Toute cette histoire nous fait remonter à une époque où de nombreux magistrats étaient avides de pouvoir, de privilèges et d'argent, où ils se tissaient peu à peu des réseaux riches et variés pour asseoir leur influence et leur fortune, où ils mélaient hideusement leurs propres intérêts avec leur mission de Justice, où ils rendaient des services et s'en faisaient rendre, où ils oeuvraient dans l'ombre.

Le monde a bien changé et nul doute qu'aujourd'hui aucun magistrat n'assisterait sans broncher à des forfaitures chroniques.

(Texte original de novembre 2000, reproduction interdite)

22 décembre 2007

Les trois petits cochons et la corruption

b058f15db3af3b51896968c21f6618bb.jpgTrois petits cochons quittèrent un jour la chaumière familiale pour aller affronter le monde. L'aîné se prénommait Albert, le cadet Gino et le benjamin Benjamin.

Autant Albert était honnête, courageux, travailleur, altruiste, autant les deux autres étaient feignasses, fraudeurs nés, égoïstes et lâches.

Chacun entreprit de construire sa maison. Pour cela, il fallait de l'énergie et de l'argent. Albert travailla à l'usine, Gino escroqua de multiples personnes âgées et Benjamin pirata des serveurs informatiques et falsifia des milliers de cartes bleues.

Albert se levait tôt, payait ses impôts mais ne parvenait jamais à économiser, si bien qu'il attendit plusieurs années pour poser le premier parpaing de sa maison.

Gino développa son business frauduleux, rencontra d'autres crapules, fréquenta des réseaux utiles et commença à acheter fonctionnaires, élus et même quelques juges à qui il glissait des enveloppes épaisses. Il appelait ces magistrats corrompus "mes petites gagneuses". Benjamin quant à lui avait monté une société de surveillance par tous moyens, caméras, internet, vol de fichiers... Il corrompait autour de lui presque aussi bien que Gino.

Gino et Benjamin amassèrent tant d'argent qu'ils ne tardèrent pas à construire leur maison, épousèrent de superbes femmes pas vénales pour deux sous, et envoyèrent leurs enfants dans les meilleures écoles, achetant même leurs diplômes sans avoir à les faire tricher aux examens.

Ils pirataient musique, films et logiciels, pendant qu'Albert achetait avec difficulté quelques rares CD et DVD pour instruire ses enfants.

Mais un jour, le grand méchant loup pointa son nez dans la contrée des trois petits cochons. Immédiatement, Gino et Benjamin fricotèrent avec le loup, négocièrent avec lui, s'inféodèrent et rampèrent. Albert n'ayant pu terminer sa maison à temps et ayant déjà compris que le loup ne ferait pas de quartier, pris sa petite famille avec lui et embarqua au fond d'un cargo craquant de la coque au pont pour gagner les îles lointaines, travaillant dans la soute à charbon pour payer le voyage.

Gino et Benjamin pour plaire au loup dépouillèrent tous ceux qu'ils pouvaient dépouiller, dénoncèrent tous ceux qui étaient hostiles au loup, conduisirent des convois de déchets radioactifs inoffensifs dans des grottes surplombant des nappes phréatiques, bricolèrent plantes et animaux, chimérisant, favorisèrent la diffusion des prêches intégristes, placèrent un maximum de crapules dans tous les rouages de l'administration pour huiler leur machine à faire de l'argent, et appuyèrent les spectacles lobotomisant et les mécaniques de lavage de masse des cerveaux de leurs concitoyens, brebis candides et dociles.

Puis le loup dévora tout le monde, dévora Gino, dévora Benjamin. Les centrales nucléaires explosèrent les unes après les autres. Des pandémies firent disparaître les survivants de la contrée.

Nul ne sait ce qu'il advint d'Albert et des siens.

Seul un cafard et une cafarde subsistèrent et s'installèrent sur le cadavre du loup qui avait fini par mourir de faim.

Ils se marièrent et eurent beaucoup de petits cafards.

13 décembre 2007

La Terre vue des nuages : Village du Darfour

Ce village existe-t-il encore ?


Agrandir le plan

08 décembre 2007

Florian ZELLER, de F à Z [5] - Regard intemporel

"J"ai regardé par la fenêtre de la cuisine".

Cette scène très cinématographique est paradoxalement vide de toute description visuelle. L'action est forte et essentielle mais nous n'en saurons pas plus. Le narrateur est il assis...? debout...? déjeune-t-il...? est-il en pyjama...? est-il coiffé...? la fenêtre est elle grande...? les yeux du héros sont-ils boursouflés...? Entend-on France-Info ou Fun-Radio en bruit de fond...? Ou France-Culture...? 

Ainsi notre imagination peut vagabonder librement en se structurant exégétiquement sur le décorum intrinsèque de notre environnement de lecteur absorbé par la prose mais conditionné par sa sphère réelle et j'adore écrire n'importe quoi.

 

LA SUITE EST ICI 

 

05 décembre 2007

Florian ZELLER, de F à Z [4] - L'usage du conditionnel et du café

"Et puis je pourrais toujours dormir dans l'avion".

Nouvelle information: le narrateur voyagera en avion. Le voyage sera donc lointain, à moins qu'il ne s'agisse d'un vol Roissy-Orly, sans le cadre de la croisière Boboland-Roissy-Orly-Boboland-Ouf-Chuis-crevé.

Le suspense reste néanmoins entier car nous ignorons tout du type d'avion, s'agit-il d'un airbus A390 (je sais, seuls les initiés connaissent ce modèle...) ou d'un Fokker modèle 1917 ? La suite le dira.

En outre, remarquons que le conditionnel "pourrais" est utilisé de préférence au futur "pourrai"... Enorme suspens là encore car l'emploi de ce temps laisse planer (lol) un doute sur la sieste aérienne (sic).

Et que dire de ce "et puis"...? C'est un roumpf très matinal, flemmardeux... Autojustification de la virée nocturne invisible mais tellement présente...

 Précisons ("nous" de commodité) à cet instant  que je n'ai pas encore lu le livre, et que je le découvre avec vous.

"Je me suis levé pour aller boire un café".

Les éléments finissent par se déchaîner. Le héros entre en action, délaissant, pour un temps, ses dérives philosophaires aubiennes. Superbe ellipse car l'auteur ne donne aucune description des détails du levage de lit, étirements bestiaux, grattage de chevelure en pétard, mastication déhydratée et pupille rigide. 

Le héros est fermement décidé à aller boire un café. Sècheresse syntaxique digne d'Ernest Emingway, la barbe en moins. 

 

04 décembre 2007

Florian ZELLER, de F à Z [3]

af88d4e68622fbca1b0b63791a62815a.jpg"J'aurais dû me coucher plus tôt la veille, me suis-je dit"

 Le narrateur expose ses regrets. Mais on voit bien là toute la tragédie de l'humain, qui le soir, au moment d'aller se coucher, croit naïvement qu'il peut empiéter sur son temps de sommeil sans avoir un jour à le payer au prix fort. En l'l'occurrence, se payer une crise de bâillements le jour d'après au petit matin. Aucune négligence n'est épargnée. L'homme doit être une créature dotée de perfection. Il doit boire sa verveine, se brosser les dents et s'allonger. Et fermer le robinet à pensées. Cela demande du courage et un certain entraînement. A l'instar de George Sanders, dans son rôle mémorable de maître d'école.

Notons ici que le héros a cette pensée regrettive, sans prévenir. Plop. "Ah, chuis con, c'est malin, chuis naze maintenant..."

Notons également que ledit héros aurait pu envisager de se coucher plus tôt l'avant-veille, mais ici pas d'équivoque. Les regrets portent sur la veille. Unité de temps magnifiée par l'auteur. C'est beau.

"Mais ce n'était pas mon genre". 

 Et vlan, malgré notre comprenure de la bobo attitude et du noctambulisme du narrateur, l'auteur insiste pour que la moindre incertitude disparaisse à jamais des esprits les plus congestionnés de ses lecteurs. Remarquons le zeste d'auto-dérision dans le choix du vocable "genre". L'auteur ne parle pas d'habitude, de contingence, de mode de vie. Il parle de "genre".

Le genre humain couche tard.

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 Rappelons que l'idée de la présente chronique est piquée à Eve Lisbon, grande admiratrice de Florian Z.

 

 

03 décembre 2007

Florian ZELLER, de F à Z [2]

5b43d7e72e29132b6b07daeab64e186c.jpg "Il faisait encore nuit, et je n'avais pratiquement pas dormi".

Se réveiller alors qu'il fait encore nuit signifie soit que l'action se déroule en hiver, soit qu'elle se déroule en Norvège, soit que le narrateur, heureux, va faire un long voyage, avec taxi, file indienne à Roissy et incidents techniques sur le charter.

Pour l'heure, c'est donc le suspense...

En outre, nous avons d'ores et déjà la confirmation que le héros se couche tard, à moins qu'il ne s'agisse d'une marmotte, laquelle va alors, nécessairement, rencontrer Bill Murray.

Notons l'utilisation moderne de l'adverbe "pratiquement", au sens de "presque". Si j'avais un minimum de culture, je trouverais une jolie formule barthienne (rien à voir avec le fils Simpson). Je vais chercher dans mon Gradus...

Bref, Mister le héros a des valises au pied du lit, et d'autres sous les yeux (remarquez l'originalité de la diaphore)...

02 décembre 2007

Florian ZELLER, de F à Z [1]

A la façon de Roland BARTHES, la culture et l'intelligence en moins, j'ose m'attaquer à un chef d'oeuvre de la littérature française: "La fascination du pire", de Florian ZELLER. L'analyse sera terminée vers 2018.

Commençons.

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"Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage".

Cette phrase d'accroche nous plonge dans l'action immédiate. Il s'agit d'un "moment", d'un instant. L'auteur pose sa plume comme un point. Le point de départ. Nous savons déjà que nous ne nous traînerons pas dans un roman nostalgique, orientaliste ou hypothyroïdique, mais que nous bondirons dans une œuvre moderne, beigbederienne, anti-durassique, dans une œuvre frénétique et vitaminée.

Et ce n'est pas n'importe quel moment, c'est LE moment ! Celui du battement d'aile de papillon qui va provoquer une aérophagie violente à un quelconque dictateur d'opérette, ou libérateur au pif enfariné.

Et ce moment, c'est celui où un appareil, diabolique mais para-ANPE, le réveil, entre en action. Ce n'est pas le héros qui se gratte, c'est une mécanique froide qui sonne la charge héroïque dans l'action. Nous allons dévaler vers un champ de bataille couvert de péripéties croisant le fer d'une cinématique textuelle barbare et j'adore tirer à la ligne en me perdant dans une logorrhée irrépressible.

Pour résumer: le ding dong du réveil donne le LA.

Oui, me direz-vous (si vous daignez m'adresser la parole), mais zaprès ?

Ben après c'est foutu. Y'a du bobo dans l'air (comme aurait pu le chanter Souchon). On imagine déjà le héros-narrateur larvé dans son lit en 160, blafard, les paupières gonflées d'une soirée trop arrosée, trop tactile, trop flambeuse (à défaut d'être flamboyante). Et on découvre son pavlovisme freudien, le mental déformé par des années (des mois) d'analyse supraculopétomane. Le regret d'avoir accepté un voyage...

Nous imaginons déjà l'effort engendré par l'acceptation d'une pollicitation dans les locaux bariolés (mais chics) d'une agence de voyage du 8ème. Aller promener son humanité au milieu d'autochtones non francophones, quelle épreuve... Sans parler de ce contact forcé des autres passagers et du personnel au sol.

Le héros avait donc accepté. Belle âme... Il avait accepté un voyage qu'on imagine fondé sur de troubles ou pour le moins sur de complexes desseins, un renvoi d'ascenseur, une dette de jeu, un petit arrangement entre amis...

Mais le héros regrette déjà. Sans doute, le double effet Casio: 1) Je te réveille. 2) Je te mets de mauvaise humeur.

Ne nous leurrons pas, cependant: Le héros va regretter mais il ne reculera pas devant l'aventure. Car il sait bien que l'éditeur n'aurait pas accepté un roman de trois lignes...

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Ce premier jet analytique (rien à voir avec l'analyse des jets) est directement inspiré de l'étude d'Eve Lisbon, parue dans le Skyrock-Diplomatique en 2006...

(à suivre)

15 octobre 2007

Le petit barbier juif

medium_Le_Dictateur.jpg Adenoid Hynkel est la caricature d'Adolph Hitler, incarné par le grand Charlie Chaplin.

Sa ressemblance avec un petit barbier juif va conduire ce dernier à prononcer un inoubliable discours en faveur de la paix.

Le film est sorti le 15 octobre 1940.

Le monde a bien changé depuis...

Ah ouais?

J'ai surtout l'impression que des petits hitler ont vu le jour un peu partout dans le monde, qu'ils sont ou vont être dotés de l'arme nucléaire (grâce à la bienveillance lucrative de certains), sous le regard indifférent de l'humanité. En 1933, les nazis se répandaient sur le monde. S'alliaient avec la Russie, s'installaient aux Etats-Unis (on a oublié qu'ils ont même pu remplir des stades aux USA lors de leurs manifestations de masse).

Outre les actuels et futurs dictateurs, il serait temps de s'interroger sur la mise en place d'un système général d'atteinte aux libertés, que ce soit techniquement, spirituellement, moralement, administrativement et juridiquement.

La lutte contre le totalitarisme doit être constante.

Quand un véhicule fonce sur un mur, le coup de volant ne se donne pas après l'impact.

Bonne semaine à tous.

03 octobre 2007

José BOVÉ, rebelle gaulois (Dessin de Kzerphii Toomk)

medium_BOVE_José_by_Kzerphii_Toomk_copie.jpgJosé Bové, de son vrai nom José Bovétorix, est né le 11 juin 72 (av.JC), à Talence, en Auvergne, au carrefour de la voie romaine Via Aurelia et de la voie celtique Via Campesina.

Son père appartenait à l'origine à la tribu des Belges, vivant aux frontières de l'Empire.

La famille Bovétorix a vécu longtemps au Vinland, près de Bercae-Lae. Puis le jeune José a suivi des études dans un établissement religieux, au sud de Lutèce, avant d'en être exclu. La légende ne dit pas s'il jurait par Jupiter et par Mercure (voire par Minerve).

Il entre ensuite dans une école préparatoire de Burdigala.

Il milite contre le militarisme romain, et notamment contre la guerre des Gaules. On ne sait d'ailleurs toujours pas si c'est lui ou Bryan Lahife qui a écrit "Romans go home" sur les murs de la place des Quinquonces.
N'intégrant pas les Légions Romaines, il est poursuivi comme déserteur, et se rend au delà de l'Indus, au sud de la Bactriane, pour y rencontrer des peuplades étranges. Peut-être croyait-il avoir alors rejoint le Vinland par l'Est...

Toujours recherché par l'armée romaine, il se cache dans une tribu d'agriculteur, puis va travailler ses déclinaisons latines, avec la formule de Marc-Aurèle: "Gardarem Lou Larzacum".

Il protège alors le futur roi de France (futur nom de la Gaule), Francesco Mitterrandum, que tentaient d'occire quelques fanatiques de la lointaine Candy (ah, le fameux petit parchemin rouge qui a influencé tant de sages gaulois, en cette époque troublée...).

Il élève ensuite des sangliers dans les collines arvernes, et fabrique du Roquefort.

Il se rend dans les mers lointaines, sur une galère phénicienne, "Verdum Pax", pour empêcher que des érudits ne fassent trembler la terre au moyen de formules magiques (inventées autrefois par Albertum Einsteinae, et Maria Curiae).

La célébrité arrive lorsqu'il démonte un temple breton installé au sud du Pays Arverne, à Amiliavum, et dédié aux orgies où l'on trempait des tranches de boeuf dans de l'huile bouillante, avant de les glisser entre deux tranche de pain.

Puis il mène certains combats en essayant de rassembler les tribus gauloises, puis des tribus plus lointaines.

Sur la Via Campesina, il rencontre Jack Nicholson, avec lequel il évoque les techniques d'infiltration dans l'Empire.
 
Il se rend aussi en Palestine. Ce qui lui vaudra quelques mésaventures. Et il ne s'agissait pas alors d'une quête arthurienne, malgré ses origines celtiques.
 
José Bovétorix va également connaître les géôles romaines après avoir détruit le temble Maquus Donaldiam, et coupé du blé magique, planté en Gaule par l'apprenti Mickey Monsantum, et protégé par les Compagnies Romaines de Sécurité.

Enfin, il tente de devenir chef des tribus gauloises, mais n'y parvient pas, ayant face à lui une Walkirie, un factotum et un guerrier hunnique.

Sa moustache fleurie est désormais célèbre.

On peut lire ses mémoires dans le livre "Rebel with many causes".

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Le dessin ci-contre a été réalisé par Kzerphii Toomk, barbare phocéen, sur tablettum graphicum Wacom (A6), avec Photoshopum Elementsum 3.0 et CamstudioFr 2.0.

La vidéo est le speedum paintingum afférent.

L'humour du présent article est garanti 100% gaulois (tendance Jean Amadou et Robert Lamoureux), et sans OGM.


28 juillet 2007

A la mémoire de Ioana, alias Bugwoman

medium_lucia2.jpg
Je viens d'apprendre avec tristesse la disparition de Ioana, alias Bugwoman, alors que je venais juste de la saluer sur un autre blog.
 
Toute son histoire est ici:
 
 
Une pensée pour elle... 
 
 

26 juillet 2007

Croissance économique et justice sociale

medium_Honor_C3_A9_Daumier_-_Le_Wagon_de_troisi_C3_A8me_classe.jpgPour faire simple, partons de l'image populaire de la part de gâteau. Nous avons tous faim. Donc, nous voulons natu-rellement avoir une part de gâteau plus grande. Pour cela, il existe deux techniques, soit le gâteau est plus grand et la part va forcément augmenter, soit le gateau ne grossit pas, et il faudra alors prendre une fraction plus grande du gâteau, au détriment des autres convives.

La tragédie de l'humanité réside ici.

Le nombre de convives n'a cessé d'augmenter, le gâteau a grossi mais pas assez vite. En outre, certains convives prennent de grosses parts au détriment de ceux qui mangent des miettes.

La compétitivité, c'est l'art de se battre pour obtenir la plus grosse part possible. La compétitivité se diversifie entre plusieurs techniques: acharnement au travail pour avoir une meilleure formation professionnelle, et dont les meilleurs postes, et donc les postes les plus rémunérés, acharnement ensuite pour travailler le plus possible, à la manière du camarade Stakhanov, sui sublimait avec son marteau-piqueur. D'autres techniques sont plus subtiles, notamment le relationnel de faveurs (les réseaux d'entraides et les marches-pieds, les petits coups de pouces et les renvois d'ascenceur, la ploutocratie, la nomenklaturattitude...etc), les coups bas, la tromperie, le vol, le lobbying...etc

Bref, le gâteau garde la même taille mais chacun se débat pitoyablement pour grignoter sur la part de son voisin.

Pour que la métaphore soit complètement, concevons un gâteau qui se reconstitue au même rythme que sa vitesse de consommation... Puisque le travail produit des richesses (du gâteau) qui seront consommées (par les convives).

Quand le gâteau devient minuscule, en période de crise économique, les tensions grandissent entre les convives, et tout est bon pour survivre.

En tout état de cause, les convives sont parqués par groupes (nationaux, religieux, communautaires), groupes dirigés parfois par des dictateurs de paille qui négocient avec les groupes puissants pour mettre la main sur les parts des membres desdits groupes, et se redistribuer de beaux morceaux. Les membres du groupes crèvent de faim, le dictateur se remplit la panse et renvoie du gâteau à ses complices plus riches (allusion balourde, ici, à l'exploitation des richesses des pays "en voie de développement").

Inutile de préciser ici, que la philosophie de chacun de nous va fluctuer entre un mutualisme proudhonnien, un égalitarisme marxien, un libéralisme hayekien, un communautarisme ghettoïste, ou tout autre mode de conception économico-sociale du monde. Chacun gère ses valeurs comme il le veut, comme il peut.

Reste ensuite à examiner l'hypothèse où le gâteau va grossir. La fameuse croissance économique !

Or, il doit être observé que pour fabriquer le gâteau il faut tirer sur les ressources naturelles de la planète (mines de farine au Zaïre, forêts d'oeufs en Amérique latine...etc), donc mettre en péril l'avenir, il faut polluer la même planète (coquilles radioactives, tubes de chocolat vides...etc), obscurcir le ciel de déchets satellitaires (syndrome de Prométhée)...etc.

Or, la croissance est prônée comme un dogme absolu, et ses effets pervers croissent avec l'augmentation du nombre de convives qui ont de plus en plus d'appétit.

Mais pendant que certains se gavent et que d'autres n'ont pas le temps de réfléchir, trop occupés à survivre pour certains, la situation s'aggrave.

Bref...

En tout cas, j'ai vu un bout d'un film de Marco Ferreri, "la Grande Bouffe"...

Et faut que j'attaque mon régime avant l'été...

Zut, trop tard.

 

19 juillet 2007

Robinet du temps (physique péremptoire)

medium_Harold_LLOYD.2.jpg
Depuis que le Big Bang a rassuré les bigots en redonnant tout son lustre à l'idée d'une création de l'univers, voilà qu'on voudrait que le temps ait également eu un début.

Avant même de dire ce qu'est le temps (la fameuse quatrième dimension), il faut simplement rappeler que la science actuelle considère que le temps s'écoule plus rapidement dans un système de forte gravité.

Or, les physiciens ne se préoccupent pas de savoir que l'instrument de mesure du temps est lui-même affecté par la gravité.

Il semblerait que les scientifiques confondent "temps" et "vitesse".

La vitesse n'est que la mesure du temps écoulé entre deux événements (ou phénomènes) liés l'un à l'autre par un phénomène de causalité.

Par exemple, le vieillissement du corps humain est un phénomène impliquant un enchaînement de faits.

Or cet enchaînement se déroule plus vite sur Terre que dans l'espace.

D'où la fameuse théorie des frères jumeaux qui ne vieillissent pas à la même vitesse lorsque l'un reste sur Terre et l'autre par faire une ballade de plusieurs années dans l'espace, à grande vitesse.

Le temps s'est écoulé à la même vitesse pour chacun, mais les processus de vieillissement ont été accélérés pour celui resté sur Terre. A l'instar de celui dont les cheveux deviennent brutalement blancs à la suite d'une frayeur intense.

Par ailleurs, si le temps est immuable, et que la causalité entre les phénomènes naturels est par conséquent éternelle, il n'y a aucun début. Le Big Bang n'est qu'un événement consécutifs à d'autres. Le temps n'était pas sur les startings blocks.

Le néant n'a pas engendré l'univers...


Et moi, j'arrête de boire.

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