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05 juin 2015

Psychanalyse: Le syndrome Face-book (1924)

 

Freud (Sigmund),Psychanalyse,Syndrome,Facebook,Internet,Virus,Autisme,Communication,SolitudeEn 1924, le psychanalyste Hermann Ditterbach avait observé l'un de ses patients pendant plusieurs mois, dans son cabinet londonien. Il s'agissait d'un intellectuel curieux de tout, brillant, volubile. Le point le plus intéressant de sa personnalité était une exceptionnelle propension à la logorrhée, pleine de références littéraires, artistiques, philosophiques, à un rythme que l'on ne pouvait suivre. Ce patient débitait à une telle vitesse que l'on n'avait même pas le temps d'approuver ou de sourire à ses bon mots, à ses idées fulgurantes, qu'il était déjà passé à des dizaines d'autres, tout ce qui ne pouvait que susciter l'admiration, ou pour le moins un vif intérêt, mais jamais l'échange réel, l'échange apaisé, le temps de la réflexion collective. La fuite dans les idées, avec essoufflement du public, remplaçait les modes archaïques de communication. Ce syndrome fut qualifié de "syndrome de Face-book". La propension à livrer des pensées, des connaissances, comme un livre. Avec générosité, mais dans un autisme complet. Un livre ne vous entend pas, alors qu'un visage semble pourtant manifester l'écoute. Ce que Ditterbach ignorait, c'est que son patient était atteint d'un virus. Un virus qui resterait dormant quatre-vingt ans durant, avant de se réveiller avec virulence, pour affecter des millions d'humains à travers le monde, en des lieux d'échange électronique, ce que le vulgus nommerait "les réseaux sociaux". Et tous ces malades seraient de potentiels Forrest Gump courant sur la route 66, suivis par des hordes d'admirateurs dont la présence n'affecterait jamais leur cortex frontal. Le syndrome Facebook allait envahir le monde des idées.


Pendant que Daech envahissait le monde réel devenu totalement autiste.

10 mars 2010

Claude CLAVEL, artiste du Fer Play

CLAVEL Claude by Kzerphii Toomk.jpgClaude CLAVEL (né à Paris en 1933, décédé en 2007), artiste français. Premier Prix du Dôme à Montparnasse en 1961. Il est le décorateur du film "Jamais le Dimanche" de Jules DASSIN. Après avoir créé, entre autres oeuvres, des tapis peints, exposés un peu partout, il aborde, vers 1973, le travail du métal ("le fer play"). Il se lance enfin dans des oeuvres en bois. Il est par ailleurs le père d'Olivia "No Sport" CLAVEL, artiste peintre survoltée, créatrice des BD de "Télé", héros rock et romantique, et de pochettes de disques, notamment pour Brigitte FONTAINE. Il est également le père de la sublime comédienne Garance CLAVEL.
Pour plus de détails:
http://www.galeriesatellite.com/clavel-70.html
(PS:Dessin au crayon HB marque Auchan, gomme cassée, et papier Canson A5, 90gr/m²)

Avec une pensée pour Nathalie, partie le 9 décembre 2009.

18 avril 2008

Le monde des truands, vu par Monsieur ZARDI

cb6b0d86e5ed3766814243e616cc90cb.jpgDu cinéma à la réalité ; une histoire d’homme !
Dominique Zardi célébrissime second couteau dans nos plus grands films français de gangsters et écrivain reconnu pour sa plume alerte, directe et libre, nous offre ici un superbe document sur le monde des truands, de Bonnie and Clyde à Mesrine ou Spaggiari en passant par le gang des postiches ou la bande à Bonnot pour un tableau magnifique
d’une société bien particulière souvent associée au mythique quartier de Belleville.

Dominique Zardi est un témoin privilégié de notre histoire récente et de ce petit monde de laissés pour compte ;
il les a connus et il a vécu dans les mêmes endroits qu’eux. Aussi, il nous raconte avec émotion et humour ces parcours d’hommes partis de rien, ostracisés dès l’enfance, en révolte permanente et cherchant à émerger du néant à tout prix, en émaillant son récit d’anecdotes en tous genre pour le plus grand plaisir du lecteur.
Mais en tout simplicité par la réalité de son témoignage, alors que nous célébrons aujourd’hui les évènements de Mai 68, l’auteur nous livre à travers les vies de ces personnages hors normes, qui nous fascinent ou nous effraient, une réflexion nourrie sur le sens de la liberté d’autant plus intéressante qu’elle nous renvoie à l’absurdité de certaines de nos règles trop compassées.
Aujourd’hui, il y a « les quartiers », hier il y avait « Belleville »…
Le cinéma français est riche de toutes ces « grandes gueules » qui ont interprété nos mythiques truands mais au-delà du plaisir cinéphile, il y a des vies d’hommes et des aventures incroyables…
Un livre passionnant, à dévorer avec le même plaisir que ces films que nous avons tant aimés. Dominique Zardi a troqué le flingue pour la plume… La cible est atteinte !
Parution le 21 Avril 2008
« Le Monde des Truands »
par Dominique Zardi
http://www.tatamis.fr
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Le texte susvisé est la note de l'éditeur mais elle donne un portrait de Dominique ZARDI, empreint d'une exactitude qui n'impose aucune fioriture... (NDLR)

18 février 2008

Un certain magistrat aixois...

479f61eb74f3f6756a30683ae2c720b1.jpgEn 1495, vint au Monde Jean MAYNIER, fils d'un haut magistrat provincial, Accurse MAYNIER.

Ce dernier avait été ambassadeur à Venise, avait approché le Pape et tout le personnel ecclésiastique franco-italien. Il fut également Président à Aix. Pour son malheur, lors d'un conflit politique qui suivit le rattachement de la Provence à la France, il prit parti pour le mauvais camp et fut rétrogradé comme troisième vice-président au Parlement de Toulouse, à la suite de sombre manoeuvres de "concurrents".

Il faut dire qu'à cette époque les magistrats étaient carriéristes et n'hésitaient pas à abuser de leur influence ou de leur pouvoir (ou des deux) pour démolir un "collègue". C'était même, avant les calissons, une spécialité aixoise.

Lorsque Jean MAYNIER entreprit la carrière de magistrat, il n'oublia pas la leçon. Il fut très vite conseiller puis président et enfin Premier-Président au Parlement d'Aix. Il était en même temps prévôt à Cavaillon où il vivait grassement. A force de se bâtir un réseau de relations très solides, il fut annobli par le Pape et prit le titre de baron d'Oppède. A partir de là, il rêva de puissance et de fortune. Il se fit bien voir du Connétable Anne de Montmorency et tissa des liens entre la Cour du Roi et son personnel judiciaire de manière fort complexe.

Deux de ses gendres devinrent conseillers dans son parlement.

Il se trouve qu'à la fin des années 1530, il avait en tête d'alléger une noble du Luberon d'une partie de ses biens. Certains contemporains dirent qu'il en voulait à cette jeune veuve depuis qu'elle avait repoussé ses insistantes avances.

Les terres d'icelle étaient alors occupées (et labourées) par les Vaudois. Or ceux-ci étaient assez mal vus de l'Eglise, au moment même où Luther posait problème. On les assimilait alors aux proto-réformés...

Notre bon Jean MAYNIER-D'OPPEDE oeuvra pendant quatre ou cinq ans pour obtenir du roi François Ier des Lettres Patentes contre quelques Vaudois que son Parlement avait condamnés.

Il y parvint enfin en 1545 alors que Montmorency avait été écarté des affaires au profit du Cardinal de Tournon, et alors que ledit roi était bien malade et fortement influençable.

Le petit huissier Courtin qui avait arpenté les couloirs du Palais de Fontainebleau pour obtenir la signature des lettres patentes, revint dès sa mission accomplie, au triple galop vers Aix.

Maynier avait pendant ce temps rassemblé des troupes de mercenaires fort bien armées. Et en avril 1545, tout juste 400 ans avant la fin d'un cauchemar de plus terrible ampleur, Maynier envoya ses troupes sur les villages du Luberon (dont Mérindol) où vivaient les Vaudois.

Les lettres du roi autorisaient Maynier à "exécuter" (c'est à dire à arrêter) une dizaine de Vaudois. Or ce furent 3000 pauvres gens qui furent torturés et massacrés avec une cruauté que l'on n'avait plus vue en Provence depuis des siècles.

Pendant que les troupes attaquaient depuis Cavaillon, quelques groupes armés aux ordres du Premier Président prenaient les fuyards à revers et leur confisquaient leur troupeaux et leur biens. A la tête d'un de ces groupes, se trouvait Valéry Rey Passaire, apothicaire ambitieux de Simiane-la-Rotonde, et fils par ailleurs du juge de Forcalquier, Antoine (ou Elzéard) Passaire.

A l'issue de ce massacre, les survivant se réinstallèrent plus ou moins bien et récupérèrent ce qu'ils purent.

Mais PERSONNE n'osa, pendant plusieurs années élever la voix ou déposer un plainte à l'encontre du Premier Président. Même les conseillers du Parlement qui avaient manifesté leur opposition au massacre craignaient par dessus tout ce personnage puissant et protégé.

Ce fut finalement un pauvre paysan qui eut tout seul le courage de porter une plainte auprès du Parlement de Paris. Une enquête fut lancée depuis la capitale. Il faut dire que le grand Montmorency avait repris les rênes et voulait remettre en cause la gestion du Cardinal de Tournon.

L'excellent magistrat parisien Aubery requit avec sévérité contre Maynier, mais aussi contre Guérin, procureur du Roi à Aix, et leurs sbires divers (ses réquisitions sont publiées chez Edisud, avec les commentaires de G. Audisio).

Maynier passa de longs mois en détention au Fort de Vincennes.

Vint le procès. On vit alors intervenir en faveur de Maynier tout un ensemble de puissants européens, et surtout le Pape en personne.

Les historiens en ont déduit que Maynier avait rendu de grands services autour de lui, ne serait-ce qu'en faisant disparaitre 3000 hérétiques...

Et comme toujours dans ce genre de procès où de "grands" messieurs sont coaccusés, chacun se renvoya la balle. La pauvre Guérin, dont les historiens s'accorde pour dire qu'il n'eut qu'un rôle secondaire en comparaison de Maynier, fut écrasé lors du procès, à l'encontre même des réquisitions. Maynier eut une peine de principe et quelques intérêts à verser aux rares victimes constituées. Par contre Guérin, le Procureur, fut condamné à mort et exécuté.

Maynier ne fut même pas privé de sa charge de Premier Président et repris tranquillement le cours de sa vie riche en épices et attentions.

Son réseau de relation avait fonctionné à merveille.

Il mourut en 1558, à l'âge de 63 ans d'un vulgaire problème de vessie.

Il légua son nom et ses titres à ses petits-fils rattachés à la lignée des Forbins.

Toute cette histoire nous fait remonter à une époque où de nombreux magistrats étaient avides de pouvoir, de privilèges et d'argent, où ils se tissaient peu à peu des réseaux riches et variés pour asseoir leur influence et leur fortune, où ils mélaient hideusement leurs propres intérêts avec leur mission de Justice, où ils rendaient des services et s'en faisaient rendre, où ils oeuvraient dans l'ombre.

Le monde a bien changé et nul doute qu'aujourd'hui aucun magistrat n'assisterait sans broncher à des forfaitures chroniques.

(Texte original de novembre 2000, reproduction interdite)

03 février 2008

Brutus aux Jeux Olympiques

a28b7678ef823b6726bbdf605115969e.jpgMalgré les critiques négatives dopées à la potion magique, je m'en suis allé voir le dernier opus astérixien, en arborant une parfaite neutralité, afin de jauger l'œuvre cinématographique.

Notons, ab initio, que le scénario n'a pas dû engloutir beaucoup de sesterces, et que souvent l'humour manque de second degré. Mais il n'en reste pas moins que d'autres éléments restent suffisamment positifs pour sauver le film.

Primo, Benoît POELVOORDE. Il est LA vedette du film. Bon, c'est du Monsieur Manatane au bon lait de brebisse, mais il sait jouer avec subtilité dans les cordes de la perfidie. Il est épatant.

Face à lui, Alain DELON, disposant d'une bonne dose d'autodérision, d'adéquation au rôle césarissime, bon alter ego (sic) de Brutus.

Gérard DEPARDIEU, parodiant Cyranus de Bergeracum, tout en bonhommie. Il a, depuis le premier épisode, parfaitement assimilé la psychologie du personnage d'Obélix. Son rôle est néanmoins plus que réduit, à l'instar de celui d'Astérix, bien campé par Clovis CORNILLAC mais sans grand chose à faire. Idem pour Stéphane ROUSSEAU.

Ajoutons les apparitions réjouissantes de Franck DUBOSC (excellent), Alexandre ASTIER (arthurien), Jean-Pierre CASSEL (un peu trop beau pour le rôle, mais son regard fatigué pour les raisons que l'on imagine, fait merveille, à de trop courtes reprises), Michael HERBIG (très drôle dans le rôle de l'esclave muet) et Vanessa HESSLER (pour sa seule plastique...).

De bons effets spéciaux, quelques répliques croustillantes.

Une superproduction inégale mais un vrai divertissement. Un peu trop de guest stars, peut-être...

Bref, entre la dithyrambe druckienne et le massacre téléramaïste, on peut apprécier cette toile cartoonesque à sa juste valeur.

Une grosse friandise au goût légèrement synthétique mais qu'on peut grignoter avec gourmandise.

 
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