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03 février 2008

Brutus aux Jeux Olympiques

a28b7678ef823b6726bbdf605115969e.jpgMalgré les critiques négatives dopées à la potion magique, je m'en suis allé voir le dernier opus astérixien, en arborant une parfaite neutralité, afin de jauger l'œuvre cinématographique.

Notons, ab initio, que le scénario n'a pas dû engloutir beaucoup de sesterces, et que souvent l'humour manque de second degré. Mais il n'en reste pas moins que d'autres éléments restent suffisamment positifs pour sauver le film.

Primo, Benoît POELVOORDE. Il est LA vedette du film. Bon, c'est du Monsieur Manatane au bon lait de brebisse, mais il sait jouer avec subtilité dans les cordes de la perfidie. Il est épatant.

Face à lui, Alain DELON, disposant d'une bonne dose d'autodérision, d'adéquation au rôle césarissime, bon alter ego (sic) de Brutus.

Gérard DEPARDIEU, parodiant Cyranus de Bergeracum, tout en bonhommie. Il a, depuis le premier épisode, parfaitement assimilé la psychologie du personnage d'Obélix. Son rôle est néanmoins plus que réduit, à l'instar de celui d'Astérix, bien campé par Clovis CORNILLAC mais sans grand chose à faire. Idem pour Stéphane ROUSSEAU.

Ajoutons les apparitions réjouissantes de Franck DUBOSC (excellent), Alexandre ASTIER (arthurien), Jean-Pierre CASSEL (un peu trop beau pour le rôle, mais son regard fatigué pour les raisons que l'on imagine, fait merveille, à de trop courtes reprises), Michael HERBIG (très drôle dans le rôle de l'esclave muet) et Vanessa HESSLER (pour sa seule plastique...).

De bons effets spéciaux, quelques répliques croustillantes.

Une superproduction inégale mais un vrai divertissement. Un peu trop de guest stars, peut-être...

Bref, entre la dithyrambe druckienne et le massacre téléramaïste, on peut apprécier cette toile cartoonesque à sa juste valeur.

Une grosse friandise au goût légèrement synthétique mais qu'on peut grignoter avec gourmandise.

22 décembre 2007

Les trois petits cochons et la corruption

b058f15db3af3b51896968c21f6618bb.jpgTrois petits cochons quittèrent un jour la chaumière familiale pour aller affronter le monde. L'aîné se prénommait Albert, le cadet Gino et le benjamin Benjamin.

Autant Albert était honnête, courageux, travailleur, altruiste, autant les deux autres étaient feignasses, fraudeurs nés, égoïstes et lâches.

Chacun entreprit de construire sa maison. Pour cela, il fallait de l'énergie et de l'argent. Albert travailla à l'usine, Gino escroqua de multiples personnes âgées et Benjamin pirata des serveurs informatiques et falsifia des milliers de cartes bleues.

Albert se levait tôt, payait ses impôts mais ne parvenait jamais à économiser, si bien qu'il attendit plusieurs années pour poser le premier parpaing de sa maison.

Gino développa son business frauduleux, rencontra d'autres crapules, fréquenta des réseaux utiles et commença à acheter fonctionnaires, élus et même quelques juges à qui il glissait des enveloppes épaisses. Il appelait ces magistrats corrompus "mes petites gagneuses". Benjamin quant à lui avait monté une société de surveillance par tous moyens, caméras, internet, vol de fichiers... Il corrompait autour de lui presque aussi bien que Gino.

Gino et Benjamin amassèrent tant d'argent qu'ils ne tardèrent pas à construire leur maison, épousèrent de superbes femmes pas vénales pour deux sous, et envoyèrent leurs enfants dans les meilleures écoles, achetant même leurs diplômes sans avoir à les faire tricher aux examens.

Ils pirataient musique, films et logiciels, pendant qu'Albert achetait avec difficulté quelques rares CD et DVD pour instruire ses enfants.

Mais un jour, le grand méchant loup pointa son nez dans la contrée des trois petits cochons. Immédiatement, Gino et Benjamin fricotèrent avec le loup, négocièrent avec lui, s'inféodèrent et rampèrent. Albert n'ayant pu terminer sa maison à temps et ayant déjà compris que le loup ne ferait pas de quartier, pris sa petite famille avec lui et embarqua au fond d'un cargo craquant de la coque au pont pour gagner les îles lointaines, travaillant dans la soute à charbon pour payer le voyage.

Gino et Benjamin pour plaire au loup dépouillèrent tous ceux qu'ils pouvaient dépouiller, dénoncèrent tous ceux qui étaient hostiles au loup, conduisirent des convois de déchets radioactifs inoffensifs dans des grottes surplombant des nappes phréatiques, bricolèrent plantes et animaux, chimérisant, favorisèrent la diffusion des prêches intégristes, placèrent un maximum de crapules dans tous les rouages de l'administration pour huiler leur machine à faire de l'argent, et appuyèrent les spectacles lobotomisant et les mécaniques de lavage de masse des cerveaux de leurs concitoyens, brebis candides et dociles.

Puis le loup dévora tout le monde, dévora Gino, dévora Benjamin. Les centrales nucléaires explosèrent les unes après les autres. Des pandémies firent disparaître les survivants de la contrée.

Nul ne sait ce qu'il advint d'Albert et des siens.

Seul un cafard et une cafarde subsistèrent et s'installèrent sur le cadavre du loup qui avait fini par mourir de faim.

Ils se marièrent et eurent beaucoup de petits cafards.

15 décembre 2007

L'hymne russe en karaoké

On ne s'en lasse pas. Vivement l'invasion soviétique... 

08 décembre 2007

Florian ZELLER, de F à Z [5] - Regard intemporel

"J"ai regardé par la fenêtre de la cuisine".

Cette scène très cinématographique est paradoxalement vide de toute description visuelle. L'action est forte et essentielle mais nous n'en saurons pas plus. Le narrateur est il assis...? debout...? déjeune-t-il...? est-il en pyjama...? est-il coiffé...? la fenêtre est elle grande...? les yeux du héros sont-ils boursouflés...? Entend-on France-Info ou Fun-Radio en bruit de fond...? Ou France-Culture...? 

Ainsi notre imagination peut vagabonder librement en se structurant exégétiquement sur le décorum intrinsèque de notre environnement de lecteur absorbé par la prose mais conditionné par sa sphère réelle et j'adore écrire n'importe quoi.

 

LA SUITE EST ICI 

 

05 décembre 2007

Florian ZELLER, de F à Z [4] - L'usage du conditionnel et du café

"Et puis je pourrais toujours dormir dans l'avion".

Nouvelle information: le narrateur voyagera en avion. Le voyage sera donc lointain, à moins qu'il ne s'agisse d'un vol Roissy-Orly, sans le cadre de la croisière Boboland-Roissy-Orly-Boboland-Ouf-Chuis-crevé.

Le suspense reste néanmoins entier car nous ignorons tout du type d'avion, s'agit-il d'un airbus A390 (je sais, seuls les initiés connaissent ce modèle...) ou d'un Fokker modèle 1917 ? La suite le dira.

En outre, remarquons que le conditionnel "pourrais" est utilisé de préférence au futur "pourrai"... Enorme suspens là encore car l'emploi de ce temps laisse planer (lol) un doute sur la sieste aérienne (sic).

Et que dire de ce "et puis"...? C'est un roumpf très matinal, flemmardeux... Autojustification de la virée nocturne invisible mais tellement présente...

 Précisons ("nous" de commodité) à cet instant  que je n'ai pas encore lu le livre, et que je le découvre avec vous.

"Je me suis levé pour aller boire un café".

Les éléments finissent par se déchaîner. Le héros entre en action, délaissant, pour un temps, ses dérives philosophaires aubiennes. Superbe ellipse car l'auteur ne donne aucune description des détails du levage de lit, étirements bestiaux, grattage de chevelure en pétard, mastication déhydratée et pupille rigide. 

Le héros est fermement décidé à aller boire un café. Sècheresse syntaxique digne d'Ernest Emingway, la barbe en moins. 

 

 
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